Reportage...
... sur un certain jeudi soir
lundi 8 janvier 2007, par
Un certain jeudi soir, passé le Nouvel An, après maintes consultations de leurs agendas respectifs déjà bien chargés en ce début d’année, cinq chanteurs ( trois dames et deux hommes) choisis par leur chef de chœur pour chanter ensemble (il est vrai qu’un chef de chœur a toujours à cœur de faire que des chanteurs chantent ensemble) se sont réunis autour de :
1° ; un piano (il n’a servi qu’a donner les notes de départ, mais ce fut bien utile) ;
2° ; cinq verres de jus de fruits (un par personne, pas de jaloux, mais remplissables ad libitum
3° ; d’une assiettée de délicieux macarons et de petits gâteaux (spécialité alsacienne) Merci à notre hôtesse. Nous nous sommes régalés .A la fin de la répétition notre hôtesse a distribué la recette des macarons. Je sens que nous allons augmenter l’effectif du quintette. Ah ! J’allais oublier…
4° ; des partitions !!!
Pour quoi faire, je vous le demande : pour chanter ensemble et quoi donc un quintette. Surprenant n’est-ce pas ?
Mais pas n’importe quel quintette. Un chœur lyrique ? Une chanson d’amour ? Un chant religieux ? Une chanson paillarde ? Un air d’opérette ? Pas du tout. Un air très triste, dramatique, comme seul un compositeur tel Monteverdi peut en composer. Vous avez dit Monteverdi ? Vous connaissez ?
Surprenant n’est-ce pas ?
Laissez moi mourir qu’elle disait Ariane (pas la Simca 6CV, mais celle qui n’a pas perdu le fil de l’histoire).
Elle le dit deux fois sur un ton très doux mais suppliant (Entrée des soprani et de la basse, suivis par l’alto et le ténor).
Puis, (entrainée par le ténor suivi de l’alto et de la basse), elle interroge l’assemblée : « Qui peut me réconforter dans un sort si dur, dans un tel martyr ? »
Alors elle remet ça. « Laissez- moi mourir ».mais une seule fois car le ténor intervient pour lui faire redire mais sur un ton de plus en plus dramatique « Qui peut me réconforter en un sort si dur, dans un tel martyre. »
Enfin à nouveau, comme un leit-motif, « Laissez-moi mourir, laissez-moi mourir » Et ca se termine, devinez comment ?..morendo, c’est-à-dire quand les chanteurs n’ont plus de souffle et qu’ils risquent l’asphyxie.
Magnifique œuvre que les chanteurs ont eu plaisir à exécuter. Après l’avoir travaillée par parties ils n’ont pas cessé de la rechanter, histoire de tout savourer.
Je vous épargne les petits cahots de toute répétition : les départs sans starting-blocks, les reprises de notes un peu trop hautes ou trop basses, les prononciations personnelles et forcément originales, bref tout ce qui fait le sel d’une bonne répétition.
Nous avons alors savouré les petits gâteaux et comme chanter donne soif un bon verre de jus de fruit nous a fait beaucoup de bien.
Puis nous avons repris les agendas et comme ils n’étaient pas assez pleins nous avons rajouté un rendez-vous pour le Jeudi 15 Février : même lieu, même punition, même motif. Qu’on se le dise. Ariane va de nouveau se lamenter mais comme son chagrin a l’air inépuisable, nous pouvons récidiver.
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