Le Congrès de typographomanie
dimanche 27 janvier 2008, par
Compte rendu de votre Gazetier concernant un important congrès qui s’est tenu ces derniers jours dans la salle Monteverdi d’un célèbre groupe vocal.
Il faut tout de suite préciser que les débats furent extrêmement interactifs et, modernité oblige, transcrit sur Internet. C’est là où votre Gazetier a puisé l’essentiel des informations.
Parmi les sujets traités, votre Gazetier a noté quelques points du plus grand intérêt :
1° qu’une querelle vieille de plus de 20 siècles avait resurgi : la rivalité gréco-latine à propos de chiffres. Doit-on écrire XIX ou 19 ou 19° ou 19e ??? Précisons qu’il ne s’agit pas de siècles mais d’un arrondissement de Paris (arrondissement : ne pas confondre avec des nombres arrondis, c’est-à-dire sans virgule) A propos de la notation « 19° » votre Gazetier a retenu qu’on pouvait « noté avec un exposant » ce que certaines machines ne savent pas faire d’où la supériorité de l’homme sur la machine. A propos de notes et d’exposants ne se cacherait-il pas là une nouvelle forme d’écriture musicale. Affaire à suivre !! Le chef de chœur est peut-être au courant. Il faudra « l’interwiouver ».
2° qu’une chasse féroce aux intervalles et espaces était ouverte. Chasse assez confuse mais où il n’y a pas eu de victimes (ouf !) A propos d’espace, votre Gazetier s’est posé la question : mais qu’est ce qu’un espace insécable puisqu’il représente par lui-même une coupure, une distance, une séparation. De plus, d’aucuns ont discuté sur la grosseur ou la finesse de ce type d’espace. Comme aurait dit Arletty « est-ce que j’ai une gueule d’espace ? ».
3° il y eut une intense polémique pour définir la différence entre une affiche de concert et un tract collectif. Or dans tract collectif il y a deux concepts. Celui de « tract », plutôt revendicatif en général. Par exemple : appel véhément aux bonnes ou aux mauvaises volontés pour venir aux concerts (cas très fréquent) ou bien appel à la grève de concert (cas très rare). Deuxième concept « collectif ». Ce sens est positif, très démocratique et en général assez agité, mais c’est toujours pour le bon motif. « Affiche de concert » implique une infinité de sens plus nuancés les uns que les autres comme la présentation, le choix de l’écriture, les couleurs, les noms des œuvres, des compositeurs, des musiciens et surtout le prix des places avec pour chacune de ces catégories un graphisme élaboré, attrayant, attractif !!! Quelques conseils : ne jamais utiliser des expressions comme en propose la publicité. Exemple : « Pour moins de 20 Euros (19,90) vous aurez un Requiem, et une cantate (numéro au choix du client) ou bien un concert tout entier y compris la surprise du Chef. Autre exemple, en forme de slogan : « Monteverdi c’est garanti ».
4° un grave problème a été soulevé. Nous citons « Il faut choisir un police plus originale ». Thème brulant s’il en fut. Renseignements pris il s’agissait, nous citons, d’une « police de caractères » Bien que caractères soit écrit au pluriel le problème rebondissait de plus belle ! Renseignements pris à nouveau il ne s’agissait que de formes de lettres, signes ou espaces (pour ce mot, voir le § n°2 ci-dessus) qu’on appelle « caractères » et que le mot « police » indiquait simplement que les dits « caractères » devaient non seulement se tenir alignés, ce qui est bien le rôle d’une police, mais qu’ils devaient aussi être très beaux et très policés. Ouf !!! On avait frisé le conflit diplomatique avec un digne et sympathique membre de l’Ensemble représentant de la Préfecture de Police. Mais tout s’est bien arrangé dans la bonne humeur.
5° parmi les solutions apportées à ces graves problèmes de typographie, un des congressistes a proposé d’amener un massicot. Votre Gazetier fut un peu étonné pour deux raisons bien différentes : a) un massicot, c’est fait pour couper du papier. Que reste-t-il d’une affiche ou d’un tract après passage au massicot ? et b) Massicot est le nom de son gendre, prof d’histoire-géo habitant à Bordeaux. Que pouvait-il faire ?
6° le congrès s’est conclu sur un cri d’alarme. Dépêchons nous de mettre au point le « bon à tirer » car l’imprimerie va fermer !!!!
Conclusion : rien de tel que les bonnes questions pratiques pour résoudre les problèmes complexes.
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