Le Concert du 16 Février à Gif sur Yvette
mercredi 5 mars 2008, par
Tout d’abord le concert fut présenté comme un cours d’histoire, à propos du dédicataire de l’église à savoir St Rémi. S’appeler Rémi et proposer un concert voilà qui a un sens majeur et de bon ton !!! Nous avons aussi appris qu’un certain Clovis, dit roi des Francs mais qui ne devait pas être très franc du collier s’était fait remonter les bretelles à coup de crosse pour devenir, de façon franche et massive, un vrai roi des Francs, d’où l’origine du nom de français. Vous voyez que votre Gazetier n’a pas hésité à se plonger dans « Histoire pour les Nuls » pour appuyer sa démonstration. Vous noterez toutefois l’importance du pouvoir religieux par rapport au pouvoir politique. Un coup de crosse n’a jamais fait de mal à un roi. Tout se complique quand il y a plusieurs religions et plusieurs politiques. C’est un autre problème qui pourrait donner lieu à des débats houleux. Mais votre Gazetier est en train de s’égarer. Revenons au concert. Au préalable, il nous faut évacuer sans malice mai sans faiblesse, le problème de l’orgue. Votre Gazetier serait tenté de faire une petite annonce dans le style du journal « L’Os à Moelle » du regretté Pierre Dac (mon maître à penser). Par exemple : « Orgue de base électronique avec plusieurs claviers, nombreux pédaliers et une bardée d’interrupteurs à bascule : X Euros. Le même plus deux boites en bois : X/2 Euros. Le même plus quatre bois en bois les deux dernières de la taille d’une armoire normande ou bretonne : X/4 Euros. Ne parlons pas de l’esthétique des boites : aucun style, de simples parallélépipèdes rectangles occupant tout le champ de vision. Bref, pas terrible. Quant aux sons sortants de ces armoires, surprenant, surtout dans les basses fréquences. Votre Gazetier n’hésite pas à retirer sa casquette pour donner un coup de chapeau appuyé à l’organiste, jeune homme modeste et manifestement très doué. Dompter un tel éléphant (c’est l’orgue et ses boîtes) et en tirer toutes sortes de sonorités respectant la légèreté et la fluidité des partitions de Kodaly et de Duruflé — comme dirait mon « pote » de Belleville — « il faut le faire ». D’autant plus que le concert commençait par un prélude fugué, joué à l’orgue seul, qui débute le « Pange Lingua » de Zoltan Kodaly (prononcer Kodaille) (Premier et dernier avertissement). Premières sonorités de départ, des basses profondes, mais on ne sait pas à quelles profondeurs !! Un peu déroutant comme départ, mais l’organiste reprend vite la situation en mains. On peut alors apprécier d’autres surprises musicales. Ainsi l’orgue joue puis tient un peu de temps un accord très tendre sur lequel le chœur vient se poser en douceur et prendre le relais et cela à plusieurs endroits de l’œuvre A chaque passage surprise et délicieux ravissement. Votre Gazetier a admiré la précision des gestes du chef à chaque préparation de ces passages et la concentration des choristes, les yeux tournés vers lui. Un vrai bonheur !
Puis vint « Abend » pièce a cappella écrite par Kodaly. Très belle œuvre, pleine de nuances fidèlement respectées par le chœur. On peut ainsi sentir le vent léger, la lumière argentée des étoiles, l’illumination brillante de la lune pour terminer peu à peu, en douceur sur l’évocation du rêve de l’âme. Une très belle poésie qui s’achève sur une note évanescente. « A », doux sommeil, « A ».
La suite du concert fut un ravissement. Duruflé, pur jus, pure harmonie !
Les quatre motets a cappella sur des thèmes grégoriens commencent tranquillement. On y reconnaît le grégorien de son enfance pieuse. C’est rassurant mais cela ne dure pas. Des sonorités nouvelles apparaissent car chaque pupitre continuant sa course à sa façon, l’ensemble doit se tenir en harmonie. C’est là toute l’habileté, le génie, de Duruflé de maintenir une cohérence musicale qui, bien que diversifiée, fait sentir que là où est « Caritas et Amor, Deus ibi est. »
Ces dames ont chanté ensuite les louanges de Marie avec d’autres surprises harmoniques mais tout à fait dans l’esprit du poème : « Tota pulchra est » Puis ce fut le trépidant « Tu est Petrus » Si Pierre n’a pas saisi sa mission (ce qui serait étonnant)il lui faut réécouter ce délicieux et entrainant motet. En fin, le « Tantum ergo ». Si l’auditeur n’a pas bi compris que « l’antique enseignement s’inclinait devant le nouveau rite » (je veux dire musicalement), c’est que, ou bien il dormait (situation hautement improbable), ou bien il lui faut faire un stage d’été à Murat ou à La Tranche sur mer sur le thème : Duruflé, le maître en harmonie. Pour terminer le concert en beauté le « Requiem de l’illustre Duruflé dans sa version chœur, solistes et orgue. L’œuvre est très influencée par le chant grégorien et parait-il par la musique de le Renaissance. Mais là votre Gazetier a ressenti son ignorance et n’a pas pu faire d’étude sur le champ tant il a été pris par la musique. Foin des analyses savantes et goûtons le plaisir de la « simple » audition !!! Une chose tout de même a frappé votre serviteur : l’insistance avec laquelle Duruflé fait répéter, comme une sorte de litanie le leit-motif de la pièce « Dona eis requien eternam » sur toutes sortes de sonorités plus douces ou plus insistantes les unes que les autres : une vraie prière.
Une question que votre Gazetier n’a pas manqué de se poser. Pourquoi mettre en parallèle deux compositeurs aux parcours si différents. Il a interviewé le chef qui lui a donné moult explications et appréciations avec sa verve et sa passion habituelles. Mais votre serviteur était saturé de musique et, il faut bien l’avouer pas dans sa meilleure forme physique aussi ne peut-il, hélas, vous transcrire la richesse de cet interview. Mais demain, 5 Mars, lors de l’audition de l’enregistrement du dit concert n’hésitez pas à l’interroger il vous expliquera tout et plus. Prenez force notes écrites et si c’est possible enregistrez le. Votre Gazetier serait ravi d’avoir un enregistrement.
En conclusion, ce fut un très beau concert : harmonie des voix, organiste chevronné, chef en pleine forme, pupitres tous attentifs et tranquilles (du moins en apparence), solistes convaincus, tout un grand plaisir pour le public et particulièrement pour votre Gazetier qui vous en remercie du fond du cœur.
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