La Fenêtre
ou : Evénement musical sans précédent
vendredi 22 décembre 2006, par
L a Gazette de l’E.V.C.M. vous informe.
Un événement musical sans précédent mais qu’il faudra faire revivre s’est déroulé le Jeudi 21 Décembre de l’an de grâce 2006 à Paris.
Où ça ? Au lieu-dit « La Fenêtre » en plein quartier de Charonne.
Première surprise. Vous franchissez une énorme porte cochère en bois et vous entrez dans une longue cour pavée entourée sur trois côtés par un bâtiment en U portant sur quatre étages des coursives extérieures en forme de balcons continus. Surprenante petite cité qui doit avoir toute une histoire. Au rez-de-chaussée de l’aile droite un de ces ateliers a été aménagé en salle de concert dont l’acoustique est très satisfaisante sans échos ni réverbération. Vous avez droit à toutes les notes de la musique. La salle est une grande scène plate avec, au fond, des petits gradins munis de jolis coussins de couleur .Sinon tout est noir : les murs, le sol, le plafond qui porte une armée de petits projecteurs. Mais tout est bien éclairé. Sous les gradins, une grande niche où se range un superbe piano Yamaha, à queue, tout noir lui aussi, brillant comme un miroir et monté sur roulettes (of course, le poids). Pour les concerts on sort le fauve de son repaire. On installe autour, suivant les cas, les instrumentistes et/ou les choristes. L’audition peut commencer. J’allais oublier ; on installe aussi le pianiste et le chef avec son pupitre.
C’est là, ce fameux Jeudi, que l’Ensemble Claudio Monteverdi dirigé par Christophe Grapperon et soutenu par le pianiste Patrice Vanneufville a donné « audition » d’une œuvre célèbre le Requiem de Brahms. Audition de travail, c’est-à-dire répétitions détaillées, recherche du sens et des interprétations, commentaires sur l’œuvre mais surtout communion dans la musique entre les exécutants et le public. L’œuvre est présentée simplement et savamment (non, non, ce n’est pas incompatible), avec enthousiasme, par le chef qui, avec son style inimitable, peut faire sentir milles choses nouvelles en une seule phrase. L’exposé est illustré par des extraits bien choisis exécutés par le chœur ou le pianiste, ou les deux. Le « décorticage » est plaisant, riche de découvertes, et permet d’entrevoir la complexité et la beauté de l’œuvre... L’audition finale est un « filage », plein d’écoute, de concentration active et de recueillement.
Au cours des répétitions les petits événements ne manquent pas, qui donnent un certain charme à l’ensemble : le départ timide ou affirmé de tel ou tel pupitre, les changements de tempo qui désarçonnent une fraction de seconde, la confusion classique dans le repérage des parties d’une œuvre la partie B étant référencée C dans les partitions. A propos, connaissez vous l’histoire des trois B où B comme Brahms s’inspire de B comme Bach (bien sûr) et de B comme Beethoven (natürlich) ? Quant aux jeux de mots sur des lettres telles que H (H comme hachisch, hachis ou el-ka- bacsh j’en passe et des meilleures), sources de plaisanteries faciles, ils donnent un ton décontracté au rude travail de répétition. Mais il faut aussi compter sur les images pédagogiques et fleuries du chef, telles ; l’importance du « schmou-schmou », des bulles de champagne, du « trou noir », concentré de notes de musique énergiques et sonores, l’aspirateur qui se dégonfle etc…etc…Pour toute information sur ces données pédagogiques, veuillez consulter le numéro spécial de la Gazette de l’E.V.C.M. intitulé « A propos des propos des Pros ».
Sérieuse, ludique, conviviale, attentive et décontractée cette audition a séduit, vous le sentez bien, votre Gazetier qui veut conclure en disant : Encore, encore…et à quand la prochaine ?
A bientôt. Le Gazetier vous souhaite de bonnes fêtes de Noël et du Nouvel An, lequel nouvel an commencera - musicalement - devinez par quoi ? Du jazz vocal !!! L’ensemble Claudio Monteverdi a le goût des contrastes. C’est ce qui fait son charme !!! A suivre….
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