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Ballade pour les « accros » de la musique

vendredi 24 novembre 2006, par Jean Durand, dit le Gazetier


Nous savons tous que la musique comme toutes les drogues douces et euphorisantes produit un effet d’accoutumance sur ceux qui en consomment à haute dose.

Nous en avons eu la preuve récemment lors d’une répétition d’un chœur célèbre où votre Gazetier va épisodiquement pour se « nettoyer » les oreilles et l’esprit (mais échappe-t-il vraiment à l’effet euphorisant ?).

Pour votre gouverne, ce chœur se camoufle sous le nom d’un grand compositeur italien, (il en existe un certain nombre, devinez lequel) [1], pour pouvoir chanter sans vergogne les œuvres de compositeurs allemands ou français. Il se réunit dans un temple, un peu comme une secte dédiée à la musique. Il pratique des répétitions incantatoires à la gloire de la déesse « Polyphonie » [2].Tout récemment, ce chœur, après avoir consommé une grande quantité d’une musique un peu enivrante, pour ne pas la citer celle du Requiem d’un certain Brahms, Johannes pour les intimes, a buté sur un passage situé à la fin du deuxième système en montant à droite de la page 75 entre les mesures 233 et 234 à savoir sur du « H » !!!

Alors qu’il est question à cet endroit de gloire, de puissance et de louange (veuillez bien prononcer les « r » de Preis, Ehre et Kraft),bref quelque choses d’assez lyrique, le chef a interrompu le déroulement des festivités en disant ; « c’est le moment de faire le joint » ou « de prendre le temps de se faire un joint » je ne me rappelle plus très bien comment il a formulé sa demande.
Dans l’euphorie de la répétition de ce message quelqu’un a dit à haute voix, je cite, « ceci est stupéfiant »

Alors, le chef, tout sourire, a répondu, je cite encore, « je m’extasie » !!!
Nous avons tous saisi qu’il s’agissait d’un moment unique dans l’œuvre de Brahms qui, sans le vouloir, nous ramenait à des faits de société propre à notre époque.
Voilà où peut mener la consommation sans modération d’accords plus capiteux les uns que les autres.

Conclusion : Avis aux amateurs. Il ne faut pas s’acharner à acheter des haches, du hachis, des hachoirs, des achillées ou de l’achilléine, alcaloïde puissant qui vous achève plus vite que le haschisch !!!.

Notes

[1Le concours est ouvert. Les gagnants auront droit de choisir entre : un diapason en bois des îles, une flûte gonflable en néoprène ou une partition, rarissime, écrite en neumes liquescents, d’un motet intitulé « Les cris du chœur », œuvre sentimentale et dramatique bien connue de tous les mélomanes.

[2Un jour, s’il en a le temps, votre Gazetier vous parlera de cette éminente divinité.
Attention ! Il ne faut pas la confondre avec « Symphonie » déesse qui, selon certains auteurs, serait d’inspiration chrétienne (opinion très controversée) ni avec « Téléphonie » déesse lointaine difficilement audible et encore moins avec « Cacophonie » déesse grinçante et infréquentable.
S’il lui reste encore un peu de temps, votre Gazetier vous parlera également, dans un imprévisible futur, de ces trois non moins éminentes divinités.

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